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Topo rédigé par Gabrielle :
Bonsoir !
Tout d’abord, j’aimerais commencer par vous citer une parole d’un poète que je viens de lire et qui m’a beaucoup éclairé, justement, sur les merveilles que Dieu a faites dans ma vie. Il parlait de la parabole du bon pasteur qui va chercher sa brebis, et il disait « Cette brebis-là, elle a fait trembler le cœur de Dieu, elle a fait trembler le cœur de Dieu du tremblement même de l’espérance. » Ca m’a beaucoup éclairé, parce que je me suis dit : « Moi aussi j’ai fait trembler le cœur de Dieu… »
Je vais vous situer un petit peu….moi : je suis née dans une famille qui n’est pas catholique, même si ma grand mère a insisté pour que je sois baptisée et pour que j’aille jusqu’à la profession de foi. Après douze ans, j’ai tout laissé tombé. C’est clair, j’avais eu des beaux cadeaux, j’avais fait ce qu’on devait faire, et je ne me suis même pas posé la question, ça allait de soi, vu qu’il n’y avait même pas mes parents derrière, je me suis petit à petit éloigné de l’Eglise, éloignée de Dieu. J’ai passé à peu près sept ans sans mettre les pieds dans une église et sans faire une prière : Il avait complètement disparu de ma vie… Et ce qui est très beau, c’est que le premier petit clin d’œil de la Sainte Vierge, c’était le sourire de ma cousine. Je l’ai vue rentrer un dimanche soir, rayonnante. Crasseuse, mais rayonnante ! Elle rentrait d’un week end scout. Alors je lui ai demandé ce qu’elle y faisait, elle m’a dit « C’est super, on campe dans les bois et on fait des jeux… ! ». Alors je me suis dit « Pourquoi pas ? ». Du coup, à 18 ans, j’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai écris une lettre en demandant à rentrer chez les scouts. Et j’ai été accueillie à bras ouverts. C’était des bons scouts, qui ne s’attendaient pas à me voir arriver comme ça : j’ai débarqué avec tout ce que j’étais ! (Je vous passe les détails, mais j’avais le look… les cheveux rouges, les piercings, voilà !) Et j’ai débarqué au milieu des scouts d’Europe !! Moi, je venais avec toute mon innocence, et eux m’ont accueillie avec tous leurs préjugés, c’était assez fantastique !! Mais le Seigneur a permis qu’ils m’accueillent quand même. Et du coup de très belles amitiés sont nées, puisque moi j’avais toute ma joie et toute mon ardeur, et eux se sont laissé bousculé un peu. Et ils m’ont permis de découvrir qu’il y avait des jeunes droits, que ça pouvait encore exister. En parallèle, j’avais laissé tomber mes études, et j’avais trouvé un petit boulot dans une cafétéria. Et ça s’enchaîne très vite : dans une cafétéria, ce sont des jeunes qui viennent travailler, on finit tard le soir, on commence par boire un petit verre, par boire deux verres, et on finit par rentrer à 5h du matin… La descente est très, très rapide… Et, du coup, j’étais, pendant un an, entre deux chaises : au boulot avec tous mes collègues, avec qui je passais plus mes nuits que mes journées, et avec les scouts. Je voyais où était le bon chemin, et il a même été éclairé quand un Père a fait un topo sur l’unité de vie : là je me suis sentie tellement visée que j’ai crue que j’allais me glisser sous le carrelage, alors que personne ne savait rien de ma vie !!
Et puis j’ai eu la lumière, c’était au mois d’avril, mais j’étais incapable de bouger. Je voyais où il fallait aller, ce qu’il fallait faire, et j’étais incapable de le faire. Je ne vous le souhaite pas, c’est un véritable martyre, quand on voit la lumière, et qu’on est un pauvre type au point qu’on ne peut pas bouger ! Du coup j’ai continué pendant à peu près quatre mois cet espèce de double jeu, jusqu’à la route d’été, puisque j’étais accueillie par les guides aînées. Du coup, on est parties en route vers Lourdes. Alors ça, c’était une expérience assez fantastique, c’était début août, un aumônier nous a accompagnées, un super aumônier, et vu que je préparais ma promesse scoute, on m’a dit « Toute une journée, tu vas marcher avec l’aumônier. » J’étais dans mes petits souliers : « Moi marcher avec le prêtre toute la journée ? Qu’est ce que je vais lui raconter ?! » Alors on a marché tous les deux toute la journée, souvent en silence et souvent en parlant, et on est arrivés à Lourdes le 10 août 2002. Je m’en souviens encore tellement ça m’a marqué ! Et là j’ai découvert que le autres pouvaient faire des choses pour moi : c’était la première fois qu’on se décarcassait pour moi, parce que notre aumônier devait partir, du coup avant la promesse, mais on s’est débrouillé pour qu’il nous bénisse avant, on a fait ouvrir l’oratoire de la gare… Je vous passe les détails parce que je n’ai pas le temps, mais c’était vraiment… tout le monde s’est mis à bouger pour moi !! Et moi je me suis mise à pleurer parce qu’on n’avait jamais fait ça pour moi… Et donc le lendemain j’ai pu prononcer ma promesse en face de la croix de devant : en face de moi ma chef, et juste au dessus la Vierge Marie. Et je peux vous dire que, ce jour là, la Vierge Maris m’a prise au mot : je lui ai promis de servir Dieu, de servir l’Eglise, et elle a du se dire « Ah oui, tu promets, et bah moi je vais t’aider ! ». Je suis rentrée chez moi, plus rien n’était pareil. J’ai démissionné dans la foulée, les quelques jours qui ont suivi. Et là, je suis un peu rentrée dans le « temps du Sépulcre », on va dire, temps mystérieux pendant lequel le Christ est resté trois jours au tombeau. J’ai changé les clés de mon appartement, parce que beaucoup de personnes avaient les clés, et ça veut dire qu’à chaque fois qu’il y avait quelqu’un qui frappait, je ne pouvais pas ouvrir., parce que le Christ venait de me saisir, mais j’étais encore tellement faible que je ne pouvais pas risquer de me faire encore entraîner… Ca veut dire que, pendant quatre mois, à chaque fois que ça frappait à ma porte je me suis planquée chez moi. Je n’ai pas osé ouvrir, et, je dirai, heureusement, sinon je ne serai peut être pas là aujourd’hui parmi vous… Et, heureusement que le Seigneur se sert de tout, il y avait un charmant jeune homme qui était scout et qui, je savais, allait à la messe tous les matins. Alors je me suis dit « Pourquoi pas aller à la messe tous les matins ? Au moins on pourra faire connaissance ! ». Donc je me suis mise à aller à la messe à 8h tous les matins ! Ma maman n’a pas compris, elle s’est dit « Oula, qu’est ce qu’il se passe ? » et elle a laissé faire. Le Seigneur se sert de tout, je vous le garantis ! Donc j’ai commencé, petit à petit. Et, au mois de décembre, comme j’avais tout fait pour entrer dans l’armée de Terre, on m’appelle pour me dire « Vous êtes la candidate idéale, vous avez réussi, on vous attend dans un régiment. ». Et là, panique à bord ! J’avais mon chef d’équipe qui me disait « Tu vas perdre ton âme là bas ! » (sympa !) et, du coup, le premier réflexe, c’est d’appeler l’aumônier, qui m’a dit « Allez vous mettre au vert, allez réfléchir un peu… » Je suis rentrée chez moi le 17 décembre, j'avais une petite crèche faite avec les moyens du bord et je me suis mise à pleurer devant la crèche parce que Jésus n'était pas la. Je me suis dit « Je vais pas le trouver en allant a perpettes, c'est ici que je vais le trouver ». Et du coup, ça, c'était le signe pour dire que, le Seigneur, il faut le chercher. Du coup j'ai refusé ma place à l'armée, et Maman a encore une fois baissé les bras, et m'a dit « On fera jamais rien bien de toi, ma pauvre fille »… Tant pis…
Quelque temps après, quelques semaines après, j'ai rencontré un premier frère de Saint Jean. Alors là j'ai été bluffée quand je l'ai vu courir : « Waou ça court un moine ?! » (Bah ouais !!). Et du coup il m'a réinvitée, et comme il y avait plein de jeunes, un ami scout m'a dit « Est ce que tu peux accueillir des jeunes chez toi pour la nuit ? ». Je les ai vus débarquer avec un sourire (deuxième sourire qui a marqué ma vie), avec un sourire qui n'était pas de ce monde. Je me suis dit alors : « Ou c'est des fous, ou ils vivent quelque chose de pas comme tout le monde… ». En fait, c'était tous les jeunes de l'Ecole de vie, que les frères accueillent à St Quentin. Ils m'ont invitée à venir passer la Semaine Sainte avec eux. Ah la c'était fantastique !! La Semaine Sainte, pour moi, elle avait rien d'autre de spécial que toutes les autres semaines. Alors je suis arrivée à manger des patates à l'eau en face du prieuré ; je me suis un petit peu demandée où est-ce que je tombais ! Et je me suis laissée prendre par les conférences, par la messe chrismale du mardi soir, la Cène du jeudi soir et la nuit d'adoration. Le problème c'est que je me suis réveillée le vendredi matin, et le tabernacle était vide, il n'y avait plus la petite lumière rouge qui brille, il y avait juste une grande croix noire à côté. Et il n'y avait plus rien dans la chapelle. Là, sur le coup, on s'est tous affairé a préparer, préparer, préparer… (On fait souvent le ménage le vendredi Saint, pour pas penser !!). Et le soir, impossible de m'endormir, alors bon, j'ai attendu, j'ai attendu… Vers minuit, minuit et demi, je me suis relevée en pyjama, je me suis dit « Pourvu que je croise personne ! » et je suis allée à la chapelle. Et il y avait toujours cette grande croix noire, et il n'y avait toujours pas la lumière rouge, et le tabernacle était toujours vide. Et là dans mon coeur, il y a eu une espèce de grand vide, de grande absence. Et vous savez, c'est très drôle : je me suis installée tout au fond de la chapelle, et petit a petit, j'ai avancé banc par banc, jusqu'à être sur le côté de l'autel, et même de l'autre côté de l'autel, tout près du tabernacle. Et vraiment il y avait cette absence dans mon coeur, et je savais pas quoi faire. Alors là, il y a des audaces comme ça, du Saint Esprit (heureusement que personne n'était là !!), j'ai mis ma tête dans le tabernacle : j'ai été là où Il n'était plus. Et là je me suis mise à pleurer, et je me suis dit « Punaise ça veut dire que d'habitude, Il est vraiment là! ». S’il y a cette absence aujourd'hui, s’il y a ce vide, maintenant, dans le tabernacle et dans mon coeur, ça veut dire que d'habitude, Il est là ! Et nous, on passe a côté, alors qu'Il est vraiment là ! Et alors là, j'ai eu une trouille monstre que ça reste comme ça. Je me suis dit « S’il ne ressuscite pas, je ne peux plus vivre ». Je ne peux pas vivre sans cette petite lumière rouge. Moi j'ai toujours été fascinée par la lumière, qui dit qu'Il est là. Bon, du coup, heureusement, le samedi soir on a fêté la Vigile Pascale et il est vraiment ressuscité !! Et, en fait, ces deux mouvements-là, Lourdes et ce vendredi Saint, ça m'a fait toucher à quel point sans lui on ne peut rien faire. Enfin, je me suis dit : « Mais moi, j'ai vraiment cru à tous les progrès que j'avais faits jusque maintenant ! », et tout était anéanti devant ce tabernacle vide. Et je me suis dit : « Mais tout ça pour rien… ! » Bah heureusement nan, parce qu'Il a dit « Je suis toujours avec vous, chaque jour jusqu'à la fin du monde ». Et je dirai que c'est sur cette promesse-là que je m'appuie, et c'est par sa présence qu'Il m'a attirée de plus en plus, jusqu'à vouloir que je lui consacre ma vie.
Bon c'était pas encore tout fait ça, je vous rassure, je voulais me marier, avoir 15 enfants, donc Il a encore pas mal travaillé mon coeur ; mais ça m'a bouleversée, au point que je me dise « Mais enfin, c'est au pied du tabernacle que vraiment je pourrais vivre et être moi-même».
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Commentaires
Merci à Sœur Marie-Reine pour son témoignage.